Possible, pas facile

Le Possible Mystery Tour m’avait mené pour la première fois à la fête de la Conf. Je me présente à l’accueil : « bonjour, représentant Nimes en transition, je m’intéresse personnellement à la permaculture et ça m’intéresserait de rencontrer quelques agriculteurs qui la pratiquent…
Là, un visiteur qui m’avait entendu intervient, s’adressant à mon interlocuteur : « ça m’a intéressé cette conférence dans la Vaunage, la semaine dernière sur la permaculture ; je me suis dit en écoutant que si je n’étais pas à la retraite, j’aurais bien adopté ces pratiques.
Plus réservé, l’homme à l’accueil m’expliqua qu’aujourd’hui, un tiers des paysans exploitants gagnaient 600 euros par mois et que pour beaucoup, les préoccupations environnementales n’étaient pas la priorité.
– « Oui mais, insistais-je, avec les techniques intensives, la terre est épuisée et c’est un peu comme scier la branche, non ?
– En effet, les anciens le savent bien : quand j’ai appris mon métier, on travaillait le sol en douceur ; d’ailleurs, il fallait bien tenir compte de l’état de la terre pour monter sur son tracteur, sous peine de le voir tomber en panne, si elle n’était pas assez souple. Maintenant, les jeunes on perdu ce savoir-faire, assis au volant d’engins surpuissant capables d’intervenir par tout temps, et dominer n’importe quel obstacle ».
J’aurai la réponse à ma recherche un peu plus tard grâce à Marie-Pierre, pour aller à la rencontre d’un eco-paysan, en la personne d’un certain Jean-Paul CABANIS, à Vauvert.
Pourquoi ne pas le faire découvrir au collectif ? A suivre…

Tueries à Las Vegas et gare Saint-Charles

Lettre ouverte de Julos Beaucarne

Publié par Cheval fou (Sananès), le 7 Novembre 2008

Amis bien aimés,

Ma loulou est partie pour le pays de l’envers du décor. Un homme lui a donné neuf coups de poignards dans sa peau douce. C’est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour, et l’amitié, et la persuasion.

C’est l’histoire de mon petit amour à moi, arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage, ni vous ni moi, je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et mes 2 chéris qui lui ressemblent.

Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine. Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien-aimée ; il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses. On doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller en paradis. Ah ! Comme j’aimerais qu’il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles.

En attendant, à vous autres, mes amis de l’ici-bas, face à ce qui m’arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu’un histrion, qu’un batteur de planches, qu’un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd’hui : Je pense de toutes mes forces qu’il faut s’aimer à tort et à travers.

Julos – nuit du 2 au 3 février 1975 – Ecrit après l’assassinat de sa femme par leur jardinier. (Texte dit par Claude Nougaro dans son album « Femmes et famines »)