Banque en transition ?

Share

Néolibéral : « néo » comme relance des idéaux de la civilisation industrielle par un couple de dirigeants US et anglais, Margaret Thatcher et Ronald Reagan, tendant à affaiblir la puissance publique, après que le XXème siècle ait vu celle-ci reprendre vigueur, avec Franklin Delanoë Roosevelt pour sortir de la crise de 29, et les alliés pendant le conflit de 39/45.

Mais, selon l’économiste Gaël Giraud, le mot « libéral », emprunté de la philosophie des lumières du XVIIIème siècle, est inapproprié. Explication.

La philosophie des lumières s’appuie sur trois piliers.

1. La démocratie : le contrat social de Jean-Jacques Rousseau ; on a guillotiné le roi, aboli le pouvoir de droit divin.

2. L’Etat de droit : avec Charles de Montesquieu, les règles de la vie en société reposent sur un compromis entre les hommes.

3. Enfin, la propriété privée et les marchés de capitaux.

Mais on n’a gardé que ce troisième pilier, la propriété et les marchés de capitaux, nouvelles divinités. Or aujourd’hui où l’on touche certaines limites du monde fini, la propriété fait bien partie du problème.

Gaël Giraud appelle à réhabiliter « les lumières », par des institutions hybrides associant toutes les parties prenantes, capables de prendre soin des communs. La démocratie n’est pas inadaptée, le problème c’est qu’il n’y en a pas assez ; elle est bridée par la position radicale des autorités mais la conférence citoyenne pour le climat est une démonstration exemplaire de sa vitalité.

En tant qu’économiste, il prône l’annulation de la dette européenne envers la banque centrale européenne, la BCE, une dette que nous avons contractée envers nous-mêmes !

Ces mille deux cents milliards d’euros permettraient à la France de voir baisser sont endettement de 120 à 80% du PIB, de quoi racheter aux banques nationales leurs investissements dans le pétrole pour engager une véritable transition écologique.

Aujourd’hui, les banques nationales qui trainent ces actifs « bruns » comme un boulet, ne font que du greenwashing mais si on les en allège, il n’y a aucune raison qu’elles ne se mettent au « vert ».

Plus loin :

https://www.francetvinfo.fr/economie/crise/crise-de-la-dette/plus-de-100-economistes-veulent-annuler-les-dettes-publiques-detenues-par-la-bce_4284705.html