Pas de solidarité agricole à l’international!

Share

La France finance-t-elle davantage l’agroécologie ou l’agro-industrie dans les pays en développement ? En s’appuyant sur une nouvelle étude coproduite avec plusieurs organisations, Valentin Brochard, chargé de plaidoyer Souveraineté Alimentaire au CCFD-Terre Solidaire, dénonce l’incohérence entre les discours et les actions de la France.

Agroécologie ou agro-industrie : le double discours de la France (Podcast)

© CCFD-Terre Solidairehttps://rcf.fr/embed/2545771

La France prône officiellement une agriculture différente, plus durable, plus respectueuse de l’environnement et des producteurs. Elle vante les bienfaits de l’agroécologie et a pris de nombreux engagements pour soutenir cette solution.

Mais qu’en est-il réellement ?

Le CCFD-Terre Solidaire, Action Contre La Faim et Oxfam ont analysé 10 ans de financements agricoles français à l’international. Et les résultats, publiés début février, sont consternants.

A travers l’Aide publique au développement, la France finance davantage l’agro-industrie que l’agroécologie. En plus d’un problème de cohérence politique, nous avons été frappés par un grave manque de transparence dans les données financières françaises publiquement disponibles.

Voici quelques chiffres marquants présents dans le rapport :

  • Seuls 13,3% des soutiens financiers français engagés entre 2009 et 2018 ont réellement bénéficié à la transformation agroécologique.
  • Seul 19% des soutiens financiers agricoles étudiés affichent une volonté de réduction de la pauvreté.
  • Seul 4,7% des soutiens financiers évoquent la question climatique.
  • Seul 9,2% des soutiens financiers s’intéressent à la thématique de la nutrition.

Pour Valentin Brochard, chargé de plaidoyer Souveraineté Alimentaire au CCFD-Terre Solidaire, « il est urgent que la France se donne les moyens de mettre en cohérence ses investissements agricoles à l’étranger avec ses priorités de développement. Depuis 10 ans, notre pays détruit d’une main ce qu’il construit de l’autre. Cette ambivalence inacceptable est contreproductive pour les pays en développement et fait le jeu de la hausse de l’insécurité alimentaire depuis cinq ans. Il est grand temps d’y remédier. »

Consulter le rapport :

Lire aussi : La France finance une pincée d’agroécologie (rapport)

Laisser un commentaire