Tous les articles par Christophe Orliac

le CCFD – Terre Solidaire marche pour le climat

La vocation première du  CCFD – Terre Solidaire est la lutte contre la faim dans le monde.

Pour nous, être solidaires des pays pauvres , ce n’est pas leur apporter de quoi manger, comme sur un plateau.

C’est agir pour que les gens puissent se nourrir grâce à leur travail, en particulier au travail de la terre et puissent ainsi vivre en hommes dignes et libres.

Mais comment pourraient–ils vivre de leur agriculture dans un climat complètement déréglé ?

Lorsque la pluie tombe trop rarement et trop violemment.

Lorsque les ouragans emportent la terre des champs, les routes et les maisons.

Pour nous, être solidaires des pays pauvres, c’est donc à la fois lutter pour une répartition plus juste des ressources de la Terre et  lutter contre les désordres du réchauffement climatique.

Pour nous, être solidaires des pays pauvres, c’est, par exemple, lutter ici, en France, pour que les banques ne financent plus les énergies fossiles.

C’est lutter là-bas, avec nos partenaires syndicalistes agricoles, brésiliens, africains ou indonésiens.

Pour qu’ils aient accès à la terre, à l’eau et aux semences et  puissent vivre de leur travail dans une agriculture familiale économe en énergie et en intrants polluants.

Pour nous, être solidaires des pays pauvres, c’est être avec tous ceux qui, ici et là-bas luttent pour un monde de respect et d’amitié.

Respect et amitié  des hommes à l’égard de tous les êtres animés et inanimés de la planète.

Respect et amitié des hommes entre eux.

Edmond COURBAUD

Nîmes-en-Transition marche pour le climat

Il y a trois ans, en décembre 2015, les chefs d’Etat s’auto-congratulaient et concluaient la COP 21 avec l’objectif « ambitieux » de contenir le réchauffement climatique sous le niveau de 1,5°.

La COP 24 vient de commencer sur le constat de l’inaction de la plupart des gouvernements. L’augmentation de 1,5° est pour demain, et il est juste temps d’éviter d’atteindre 2 degrés.

Il faudrait produire une alimentation plus saine et en même temps le glyphosate n’est toujours pas interdit, les aides aux bio supprimées.

Il faudrait réduire les transports carbonés et en même temps le réseau ferré se réduit, on construit des gares loin des villes qu’il faut rejoindre en voiture.

Il faudrait financer la Transition et en même temps l’évasion fiscale n’est pas combattue.

Il faudrait une juste répartition des richesses et en même temps l’Etat étrangle le peuple pour enrichir les plus fortunés.

 

Il y a trois ans, en décembre 2015, sortait le film DEMAIN avec l’objectif ambitieux de raconter une autre histoire de l’humanité.

Raconter l’histoire d’une humanité responsable et joyeuse, de femmes et hommes qui font face à la catastrophe annoncée avec modestie et détermination.

Des femmes et des hommes comme vous, comme nous, qui décident de ne plus subir de poisons dans leurs assiettes, de produire et consommer une nourriture saine tout simplement.

Des gens comme nous qui réalisent l’absurdité de déplacer 1 tonne et demie de métal et de pétrole pour faire moins d’un kilomètre.

Des gens ordinaires qui baissent le chauffage, réduisent la clim’ ou achètent une électricité issue du renouvelable à une coopérative citoyenne.

Des gens simples qui décident de réduire leur empreinte sur la Terre, de jeter moins, de consommer moins.

Des femmes et des hommes qui savent que le bonheur ne tient pas dans un caddie, des gens dont les rêves ne se chiffrent pas en euros.

 

Il y a trois ans, en décembre 2015, sortait le film DEMAIN avec l’objectif ambitieux de raconter une autre histoire de l’humanité ; une poignée de nîmoises et de nîmois, comme dans de nombreuses villes françaises s’est saisi de l’histoire et nous avons constitué le collectif Nîmes-en-Transition que Clara va présenter après moi.

Raconter une autre histoire.

Penser global, agir local.

Pour de vrai,  au delà des slogans, au delà du « make the planet great again »

Un autre monde n’est pas seulement possible, un autre monde est nécessaire pour éviter l’effondrement.

Mais finalement nous n’allons pas raconter une autre histoire, nous allons écrire une autre histoire, nous allons vivre une autre histoire.

Ici à Nîmes, dans nos maisons, nos quartiers, changer la ville, changer la vie,

Il est encore temps.

Franck MÉDINA

 

 

 

 

 

Tout-bio, est-ce possible ?

L’agriculture biologique est une alternative à l’agriculture conventionnelle ; elle rejette l’utilisation de produits chimiques de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

Les avantages que procure l’agriculture biologique :

1 – diminution des coûts de pollution : économies d’énergie et diminution des rejets ;

2 – protection de la santé publique, par rapport à l’agriculture conventionnelle dont la toxicité est avérée ;

3 – sécurité alimentaire, notamment dans les pays en développement, si l’on prend en compte les avantages de l’agriculture paysanne, par exemple en matière de liens sociaux.

MONSANTO (aujourd’hui BAYER) a racheté tous les semenciers, éradiqué les anciennes variétés qui se reproduisaient et développé un marché captif où les paysans doivent racheter chaque année l’hybride F1, stérile ou dégénérescent.

Voilà comment pesticides et OGM se sont imposés dans beaucoup de campagnes mais cet été, au moment de son rachat par BAYER, le vent a tourné pour MONSANTO condamné à verser 78,5 millions de dollars à un jardinier atteint du cancer, après avoir utilisé l’herbicide Roundup. Depuis, BAYER a perdu 30 milliards de dollars de valeur boursière.

Le label européen symbolisé par une feuille formée par des étoiles est moins sérieux que le label français AB car on admet que les produits puissent contenir des traces d’OGM. D’autres labels : Bio cohérence (en France) et Déméter (en Allemagne) sont plus rigoureux encore et ne travaillent pas avec la grande distribution.

En France, 6,5% des surfaces agricoles sont consacrées à l’agriculture biologique, un part en forte croissante du fait de la demande des consommateurs qui a augmenté de 20% en un an. La part de 1,5% des surfaces agricoles pour l’agriculture biologique dans le monde est peu représentative car elle n’intègre pas les nombreuses petites exploitations familiales cultives sans intrant de synthèse.

Peut-on nourrir en bio 9,5 milliards d’individus en 2050, 10 à 11 milliards en 2100 ?

Selon un chercheur de l’Institut National de Recherche Agricole (INRA), cette réponse est mal posée ; il vaudrait mieux se demander : est-ce que l’agriculture biologique peut répondre à l’ensemble des enjeux sociétaux d’aujourd’hui dont celui de l’alimentation ?

Globalement, on considère qu’il y a un écart de productivité de 20% au bénéfice de l’agriculture conventionnelle mais primo ce chiffre cache de fortes disparités entre Nord et Sud : Dans les pays occidentaux, cet écart peut atteindre 50% comme en France, alors qu’en Afrique ou en Asie, il est quasiment nul, l’agriculture biologique offrant même parfois une meilleure productivité.

Secundo, les prix du marché ne tiennent pas compte des externalités négatives, c’est-à-dire les activités qui affectent le bien-être, la santé, le vivre-ensemble, sans contrepartie monétaire.

L’agriculture biologique est une réponse au besoin de dés-intensifier la production agricole car elle a fait ses preuves en termes de compromis entre niveau de productivité et respect de l’environnement.

Comment faire ?

  • Diminuer le gaspillage des ressources alimentaires estimé à 30% selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, en anglais, Food and Agriculture Organization of the United Nations (F.A.O.) ;
  • Modifier nos régimes alimentaires, par exemple en limitant la consommation de viande.

L’INRA a cherché à appliquer les principes de l’agro-écologie, c’est-à-dire complexification et diversification, à l’élevage ; en comparant un élevage de moutons à côté d’un élevage de vaches à un élevage qui rassemble les deux espèces, c’est ce dernier qui présente les meilleurs résultats, en termes d’état sanitaire des troupeaux, de productivité et d’impact environnemental.

Le passage de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique implique de revoir le système de production, à l’image de la permaculture, l’aquaponie et l’agro-écologie.

Comment changer de système de production agricole ?

L’agriculture biologique, c’est travailler en préventif, plutôt qu’en curatif : mise en place de filets contre les insectes, décaler les dates de semis dans la saison, accepter les herbes folles qui constituent des réserves d’auxiliaires ; il pourra se créer un équilibre entre auxiliaires et ravageurs, de sorte que les effets des ravageurs se trouveront atténués.

Dans une approche globale, l’agriculture biologique présente d’importantes externalités positives comme, par exemple, la préservation de la planète et le lien social. Les AMAP, Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, appellent leurs adhérents à devenir consom’acteurs et apportent au producteur un revenu raisonnable.

Quels sont les freins à la conversion ?

  • Historiquement, il y a un frein psychosociologique : il y a le regard des autres, ce n’est pas évident de na pas suivre la norme mais ce frein diminue en puissance à force de voir l’agriculture biologique devenir de moins en moins marginale ;
  • Autre frein : l’enherbement ; en agriculture biologique, pour remplacer les pesticides, soit on diversifie, soit on doit investir dans du matériel mécanique, ce que permettent les CUMA, Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole ;
  • Le manque de volonté des pouvoirs publics : la certification peut prendre plusieurs années, ne serait-ce que le temps de dépolluer le sol de toute trace de pesticide ; c’est ce que devraient permettre les aides à la conversion qui n’ont pas été toutes versées. Les aides au maintien ont disparu sous la pression de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) d’un point de vue opposé à la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) qui prône la prise en compte des services environnementaux comme par exemple la sauvegarde des abeilles ;
  • La gestion du personnel constitue un frein : l’agriculture biologique emploie 1,6 fois plus que l’agriculture conventionnelle or il peut paraître difficile de dégager la capacité financière d’un salaire et l’embauche de personnel est souvent considérée comme risquée.

Le passage de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique est un vrai bouleversement, y-compris au niveau des principes économiques : la sacrosainte spécialisation se voit ainsi contrariée ; pour des raisons logistiques ou bioclimatiques, certaines régions se sont spécialisées ; on a dit aux bretons « vous produirez du porc », aux beaucerons « du blé », aux méridionaux « des fruits »…

Au niveau d’une ferme, quand l’agriculture conventionnelle engage trois cultures identiques sur des rotations assez courtes (c’est-à-dire la durée entre deux semis sur une même parcelle), ce sont six à huit cultures différentes en agriculture biologique :

  • une place importante à la valorisation ;
  • l’utilise des mauvaises herbes pour lutter contre les ravageurs ;
  • l’accent mis sur la fertilisation ;
  • sur la coopération entre élevage et agriculture ;
  • l’introduction de cultures alternatives comme les légumineuses.

Pour contrer l’effet dévastateur de ces lobbys industriels et agricole mus par le seul appât du gain, le pouvoir politique semble inopérant, d’où l’urgence d’un lobby citoyen appelé de ses vœux par Cyril DION, le réalisateur du film « demain », dans son ouvrage « Petit manuel de résistance contemporaine » (Actes Sud), et porté par le mouvement « nous voulons des coquelicots ! »

Car pour voir s’accomplir la transition, il reste à :

  • investir dans la recherche agronomique ;
  • changer les habitudes de production et de consommation ;
  • repenser la spécialisation de nos filières agroalimentaires.

Merci à Splash – Nouvelles Ecoutes « le passage de l’agriculture au tout bio »  & Le Monde du 2 novembre 2018 « Bayer, dans l’enfer du mariage avec Monsanto » 

 

 

Rêve ta ville

Imagine une ville où chacun puisse avoir l’ensemble des services accessibles à quinze minutes à pied, où qu’il habite, où les constructions nouvelles sont en bois et en verre, à haute performance énergétique,

où le système d’égouts géré en régie laisse place à des toitures végétalisées et des jardins de pluie, où les circuits de l’eau sont mis en scène pour reverdir les rues et les places, comme déjà au Jardin de la Fontaine ;

la production alimentaire est relocalisée par les marchés de producteurs, comme sur le Jean Jaurès,  les bacs des Incroyables Comestibles mais aussi de vrais jardins communautaires ;

apparu le label « fabriqué à Nîmes », doublé en vingt ans le nombre d’emplois, en grande partie des emplois verts, le commerce de détail atteint 30% de part de marché avec le Krôcô, au point que certaines enseignes de grande distribution ont renoncé à s’implanter ;

la population a choisi d’orienter les impôts vers l’acquisition de milliers d’hectares au nord de la ville pour préserver la ressource en eau, vers aussi le soutien de programmes d’alimentation locale et de plantation d’arbres en ville ;

une ville comme Nîmes déjà bien pourvue en espaces verts, dont la population a fortement augmenté mais dont les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de manière significative.

Cette ville, nous l’avons rêvée pendant quelques secondes ? D’autres ont pris des dizaines d’années à la bâtir : 45°31′ nord, 122°40′ ouest, elle est grande comme Lyon : Portland – Oregon… sacrés Ricains !

Par cet exemple, Isabelle DELANNOY illustre son ouvrage « L’économie symbiotique » (Actes Sud) où l’homme transite d’une relation parasitique à la terre, à une relation symbiotique.

Festival des solidarités

Depuis 20 ans, le Festival des Solidarités offre un espace à toutes celles et ceux qui souhaitent montrer les solidarités en action sur leur territoire.

En 2018, il se tiendra du 16 novembre au 2 décembre.

https://www.festivaldessolidarites.org/

Le Festival des Solidarités en quelques mots

Chaque année en novembre, des milliers de personnes organisent pendant deux semaines des événements conviviaux et engagés pour parler de solidarité, du local à l’international.

Partout en France, une grande diversité d’acteurs s’engage au quotidien pour faire changer les choses à leur niveau : des associations, des établissements scolaires, des collectivités, des structures socio-culturelles, des acteurs d’économie sociale, des citoyen·ne·s,…

Une fois par an, ce grand temps de mobilisation leur permet d’aller à la rencontre des citoyen·ne·s, pour réfléchir ensemble et les inviter à devenir acteurs d’un monde plus juste, solidaire et durable. En 2018, le Festival des Solidarités se tiendra du 16 novembre au 2 décembre.