Plus que 48h ! Mais ça passe vraiment trop vite ces enquêtes publiques !
Rappel : On peut prendre connaissance du dossier et déposer ses observations jusqu’au 28 mai 17h, soit par voie numérique (https://www.registre-dematerialise.fr/5381/), soit en présentiel, aux Services Techniques de la Mairie, 152 Avenue Robert Bompard .
Le commissaire-enquêteur, M. D. Dujardin tiendra sa permanence de clôture le mercredi 28 mai 25, 14h-17h, Services Techniques mairie de Nîmes.
Quelques réflexions au sujet de ce dossier (elles n’engagent que moi…) :
L’évaluation de ce projet suscite de nombreuses considérations dont beaucoup sont contradictoires.
En effet on peut considérer ce projet de parc comme l’ouverture au public d’un espace vert tout à fait exceptionnel, à quelques encablures du centre-ville et de la gare ; on évoquera lors sa nécessité absolue dans un contexte de réchauffement climatique, de modifications du cycle de l’eau. On peut aussi percevoir ce projet comme une atteinte majeure à une zone arborée d’une exceptionnelle richesse, en évolution naturelle depuis plusieurs dizaines d’années. Là encore, on évoquera le réchauffement climatique et le cycle de l’eau, cette fois comme arguments impérieux de renoncer à ce projet. Difficile alors de faire le tri, pour le citoyen et la citoyenne à qui l’on propose de donner son avis dans une enquête publique, non sur le projet de parc en lui-même, mais sur la demande d’autorisation environnementale préalable.
Ce projet ne date pas d’hier. Dès la campagne électorale pour les municipales de 2020, il était présenté par l’équipe municipale sortante (et réélue depuis) comme une réalisation exemplaire en matière d’écologie. Depuis, l’équipe municipale a poursuivi sa campagne en faveur de ce projet, sur la thématique « un poumon vert pour les nîmois », tout en cachant bien son jeu sur ses intentions réelles précises.
Force est de constater que si ce projet était aussi respectueux de l’environnement que ses promoteurs le prétendent, il n’y aurait pas nécessité de déposer une demande de « dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées » !
Mais au-delà de la question des espèces protégées, dont la destruction devrait être totalement prohibée pour un projet de cette ampleur, il y a la destruction de toute une cohorte d’espèces végétales ou animales, non protégées celles-là, mais pourtant tout autant indispensables à l’équilibre de la biodiversité, tant locale que globale. On peut aussi poser la question, non en termes d’espèces ou d’individus, mais en terme d’écosystème. En effet, cet espace, anciennement voué à des pépinières, encadrant un cours d’eau sensible, en évolution libre depuis trente ans, constitue un écosystème original associant des plantes d’origine locale ou exotique à une faune locale particulièrement riche, au vu des études, et singulièrement dans un espace si proche d’un centre-ville et traversé par un boulevard périphérique.
Or, toucher à une seule maille du tissu de biodiversité de cet espace, et en l’occurrence il s’agit de bien plus d’une maille, c’est prendre le risque de déstabiliser l’ensemble de l’écosystème. En d’autre termes, le projet ferait passer, sous couvert de « poumon vert » et de « diagonale verte », cet espace de l’état de « zone densément cultivée en voie très avancée de renaturation libre » à celui de « zone fortement anthropisée » plus proche du « jardin d’agrément » que de l’« espace naturel ». Une atteinte forte et majeure à l’environnement et à l’ensemble du vivant, donc.
Ces considérations générales suffisent à elles seules à motiver mon avis défavorable à cette demande d’autorisation environnementale en l’état actuel du projet. Mais d’autres questions se posent dont nous n’avons pas pu ou su trouver les réponses dans la masse des plus de 700 pages (double-format!) du dossier d’enquête soumises à la sagacité du citoyen et de la citoyenne à qui l’on propose de donner son avis ! Pauvre citoyen·ne !
A suivre… (ou pas…)