Arbres menacés !

Le 9 juin dernier, en marge du Festival des Vers du Terter, 4 structures locales de défense de l’environnement ont uni leurs forces pour attirer l’attention du public sur des arbres menacés. L’opération a consisté à « habiller » les arbres menacés avec un bandeau d’alerte.

Il s’agit des platanes centenaires du Stade de l’Assomption, au bout de l’avenue Pierre Mendès-France, route d’Arles, à côté du « tir à l’arc ». Ce qui les menace ? Un projet routier, vieux serpent de mer depuis les années 80 (c’est dire s’il est ringard!) baptisé Voie Urbaine Sud (VUS pour les intimes). La première phase a déjà été réalisée il y a des années, entre la Ville active et Georges-Besse/Bois-des-Noyers. La seconde prévoit son prolongement jusqu’à la route de Beaucaire (Hyper Leclerc) (voir plan).

Ce dossier, qui a été déposé par les municipalités précédentes n’est pas satisfaisant à plusieurs titres :

  1. Il est inutile. La plupart des projets routiers urbains, que leur objectif soit un délestage d’un axe existant ou un gain de temps pour les usagers (ou les deux), se révèlent à court ou moyen terme inopérants voire contre-productifs. Un nouvel itinéraire c’est « un aspirateur à voitures » (voir « note sur le trafic induit » [Les Shifters]). Un gain de temps c’est une occasion d’allonger les trajets : le temps de transport domicile-travail se comporte dans les faits comme une constante au fil des années ; faire gagner du temps c’est drainer de nouveaux usagers qui viennent de plus loin.. C’est un cercle (vicieux) sans fin !
  2. La partie existante est très peu performante :
    • Le tronçon existant est à 2×2 voies, séparées par un îlot central de largeur variable, plus par endroit une ou deux pistes cyclables et trottoirs. La largeur des voies courantes (3m) ainsi que le diamètre et la fréquence des rond-points ne permettent pas (ou très peu) la circulation sur 2×2 voies, la circulation de front et les dépassements se révélant difficiles. Les deux voies de circulation dans chaque sens ne trouvent alors d’utilité qu’au stockage des véhicules en attente de franchissement des rond-points encombrés aux heures de pointe (av. F. Mitterrand) ou des carrefours à feux (Rte de Saint-Gilles), contribuant de fait assez peu à la fluidification du trafic.
    • Sur la moitié à peu près du tracé actuel, les deux fois deux voies sont bordés d’un alignement d’arbres et d’une piste cyclable. Les voies affectées aux voitures ont été protégées par des barrières anti-racines. Mais les pistes cyclables ne sont pas protégées. Dès lors, les arbres, implantés comme trop souvent dans des espaces trop réduits, n’ont d’autre solution pour leur survie que d’aller chercher eau et nutriments sous la piste cyclable et au-delà), occasionnant des dégâts important au revêtement. Les pistes cyclables s’avèrent donc inconfortables et dangereuses. En conséquence, elles sont très peu fréquentées.
    • Ce constat, voies doubles peu utiles et pistes cyclables inutilisables, aurait dû conduire à proposer, a minima, des modifications du projet pour les tronçons futurs. Mais personne n’y a pensé, il faut croire…
  3. C’est un massacre à la tronçonneuse ! Sur le Stade de l’Assomption (photo ci-dessous) le dossier déposé en 2022 demande une autorisation de défrichement sur l’ensemble de la parcelle (voir plan) soit une cinquantaine de platanes. Verbalement on nous assurait que ce n’était pas le cas. Pourquoi alors demander l’autorisation de raser la parcelle ?
    • Déjà en septembre dernier, un abattage de 70 arbres adultes sur le tronçon n°2 du projet (secteur Mas-de-Ville), nous avait fait réagir (MidiLibre / France3 Occitanie / Ici Gard-Lozère)
    • Cet abattage d’un climatiseur naturel pour le quartier du Mas de Ville était, de surcroît, totalement injustifié : on a fait la place pour faire une 4 voies, alors qu’à cet endroit (bizarrement d’ailleurs) le projet ne prévoit que 2 voies. En clair, on a rasé des arbres adultes pour les remplacer par de l’herbe sèche !

L’abandon du projet : la meilleure alternative !

De ce qui précède,
– faible utilité du tronçon existant,
– projet à la fois inutile et trop impactant,
nous tirons la conclusion que la meilleure attitude à adopter est un abandon pur et simple du projet de prolongation de la VUS.